Contexte

Le Cameroun dispose actuellement d’un système national de sécurité et santé au travail, élaboré suivant la logique du bureau international du travail, basé sur trois pole : un pôle de conception ou de normalisation (la Direction de la SST au MINTSS), un pôle de prestation (constitué par les CNPS, les services médicaux des entreprises, les cabinets et établissement privés de prévention, les hôpitaux et clinique etc.) et le pôle de Contrôle constitué par l’inspection du travail.

De nombreuses réalisations ont été entreprises ces dernières années aussi bien par le MINTSS, la CNPS que par la SCSST. Entre autres de ces initiatives nous citerons : la validation de la politique national de sécurité et santé au travail ; la révision de la liste des maladies professionnelles ; le renforcement de l’installation et du fonctionnement des comités d’hygiène et de sécurité dans les entreprises, l’accroissement de l’effectifs des professionnels de la prévention, l’organisation de nombreuses activités promotionnelles et notamment les journées de prévention l’occasion de la journée africaine de prévention etc.

Malgré ces initiatives, les statistiques des accidents du travail et des maladies professionnelles restent élevées (1 356 accidents du travail déclaré à la CNPS en 2010 et 3 277 331 211 Fcfa dépensés la même année par cette institution pour la réparation) et de nombreuses lacunes peuvent ainsi être relevées.

  • La faiblesse de l’arsenal normatif (principales conventions de l’OIT non ratifiées) avec des textes qui datent pour la plupart d’au moins 35 ans ;
  • L’insuffisance du contrôle en matière d’inspection médicale du travail par les ministères en charge du travail;
  • L’insuffisance des ressources humaines qualifiées (spécialisées) en sécurité et santé au travail ;
  • La faiblesse du système de protection sociale avec l’absence de sécurité sociale universelle et le développement important de l’économie informelle qui occupe plus de 67% de la population active sans protection ;
  • L’insuffisance des ressources financières allouées par les Etats, les institutions et les entreprises ;
  • Le faible engagement des entreprises vis-à-vis de leurs responsabilités sociales et sociétales ;
  • Une faible prise en compte de l’environnement dans les programmes de prévention
  • L’absence de l’éducation ouvrière et de la communication sociale sur la prévention des risques professionnels.